Après plus de 600 jours de crise, Bruxelles a enfin un gouvernement et c’est un véritable soulagement pour les Bruxelloises et les Bruxellois, tant la Région avait besoin de retrouver de la stabilité.
Mais difficile de ne pas s’interroger : 613 jours d’attente pour un accord bouclé en trois jours seulement et résumé en 24 pages – couverture comprise.
Car derrière les promesses, les chiffres nous inquiètent. Le retour à l’équilibre en 2029 repose sur des hypothèses fragiles : dépenses sous-estimées, recettes surestimées, politiques nouvelles coûteuses non intégrées dans la trajectoire budgétaire. Ce scénario nous rappelle le gouvernement fédéral, réclamant des efforts supplémentaires à chaque exercice budgétaire.
« Pendant que la majorité soigne sa mise en scène, les réformes structurelles qui ont mené à cette crise inédite ont disparu. Pas de réforme du système électoral bruxellois pourtant responsable de l’interminable blocage politique. Rien sur le Code du bien-être animal. Silence total sur la neutralité dans les services publics. Les effets de communication ont remplacé les réformes de fond », souligne Jonathan de Patoul, chef de groupe DéFI au Parlement bruxellois.
Ce conte de la Saint-Valentin regorge de bonnes intentions, mais interroge quant à ce qu’il en restera lorsque l’ambition affichée se confrontera à la réalité.
Le MR promettait de tout régler en 100 jours ; il a finalement cédé sur les priorités du PS et de Groen : refinancement du projet Kanaal, maintien du niveau élevé de dépenses en matière de logement social, simple rebranding de Good Move en Better Move.
Point positif en matière d’emploi : les ambitions s’inscrivent dans la continuité du travail initié par l’ancien ministre de l’emploi, Bernard Clerfayt. La poursuite des réformes engagées et le maintien d’une politique active en faveur de l’emploi vont dans le bon sens. Nous serons attentifs à ce que ces engagements se traduisent concrètement.
Pour DéFI, certains passages de l’accord, relativement flous, vont donner lieu à des interprétations divergentes et à d’interminables discussions entre partenaires, prenant les Bruxellois en otage d’une Vivaldi à la bruxelloise. Bruxelles n’a pas besoin d’un conte, mais de réformes solides, de sérieux budgétaire et d’un cap clair.