Pourquoi nous n’avons pas voté le budget communal 2026 ?

Mauvaise gestion du patrimoine, diminution des services à la population, augmentation des impôts et manque d’information

En ce début d’année 2026, notre belle commune s’est réveillée sous un manteau blanc. Mais derrière ce décor de carte postale, ce sont de moins bonnes surprises qui ont été glissées sous le sapin des wolusampétrusiens lors du vote du budget 2026 au conseil communal de décembre dernier.


L’impôt du précompte immobilier reste au plus haut
C’était la « mauvaise surprise du chef » au lendemain des élections communales, l’augmentation spectaculaire du précompte immobilier, passant de 2200 à 2700 (22,72% d’augmentation) continuera de toucher de plein fouet et sans distinction tous les propriétaires de Woluwe-Saint-Pierre.


Ventes et achats d’immeubles : incohérence et suppression d’une future crèche
Nous apprenons que le CPAS va s’installer dans le nouvel immeuble François Gay, à proximité de l’administration communale. Sur le principe, créer de véritables synergies entre la commune et le CPAS est pertinent. Mais, en pratique, cette décision se fait au détriment d’un projet essentiel : une crèche communale d’une vingtaine de places, pour laquelle un subside de 1,3 million d’euros devait être obtenu pour son installation.
Par ailleurs, la commune procède à l’achat d’un immeuble pour l’ASBL PAJ, que celle-ci occupe depuis plusieurs années. Il est regrettable que cette acquisition n’ait pas été réalisée lorsque les taux d’intérêt étaient nettement plus favorables. Dans le même temps, la commune vend des logements communaux invoquant son incapacité à en assurer l’entretien.
En résumé, la majorité MR–Les Engagés–Open VLD supprime à la fois des places en crèche et du logement communal, tout en démontrant son incapacité à entretenir le patrimoine existant. Les recettes issues de ces ventes sont utilisées pour financer des acquisitions qui n’apportent aucun service supplémentaire à la population.
Aucune réflexion globale n’est menée sur l’utilisation efficaces et efficientes de l’ensemble des espaces et bâtiments communaux. À titre d’exemples, citons : un vaste espace — équivalent à la salle Fabry du centre culturel — actuellement utilisé de manière approximative comme débarras au 1er étage de la maison communale ; l’absence de projet d’avenir pour les bâtiments du centre scolaire Eddy Merckx, alors même que le Collège négocie la reprise du centre scolaire communal par l’Athénée royal Crommelynck dès septembre 2026 ; ainsi que le manque de vision concernant les espaces qui seront libérés par le CPAS en 2026 au Centre communautaire de Joli Bois.
Nous dénonçons cette absence de vision d’ensemble ce qui suscite un coût élevé pour la collectivité. La majorité administre le patrimoine communal sans cap ni vision.


Des économies, oui — mais pas au détriment du service à la population
La gestion du stationnement va être confiée à Parking.Brussels. La majorité présente ce choix comme une opération « profitable ». Qu’en sera-t-il pour les habitants ? L’expérience d’autres communes montre que la gestion par Parking.Brussels se traduit souvent par un coût plus élevé pour les citoyens.
La majorité promet une gestion « plus performante » de l’informatique, censée générer des économies. Elle annonce aussi son intention de réduire le personnel communal de 47 temps plein dans les prochaines années. Comment, dans ces conditions, ne pas s’inquiéter d’une dégradation du service rendu à la population ? Quelle est la vision globale de la majorité sur l’organisation des services communaux et la qualité du service public ? À ce stade, cette vision reste pour le moins… mystérieuse.


Un budget qui ignore les effets des mesures du gouvernement Fédéral (NVA-MR-Engagés-CD&V, Vooruit)
DéFI le dénonce : le gouvernement Fédéral est particulièrement néfaste pour Bruxelles et les francophones. A Woluwe-Saint-Pierre, le budget du CPAS (à charge de nos impôts locaux) explose pour faire face aux conséquences des mesures prises par le Fédéral.
La fusion des zones de police engendrera moins de moyens et de sécurité pour Woluwe-Saint-Pierre. Des experts estiment, en effet, le sous-financement chronique des polices bruxelloises à 83 millions d’euros par an ! Enfin, la réforme annoncée de l’impôt des personnes physiques risque, elle aussi, de se faire au détriment des finances communales.
Le flou persistant qui entoure les mesures du gouvernement fédéral et leurs impacts concrets place les communes dans une situation intenable, les empêchant d’élaborer un budget sérieux, prévisible et responsable.